Parcours - CV


 

 J’ai quitté les beaux-arts de Bordeaux pour rejoindre l' entreprise familiale qui se lançait dans la mosaïque. à l'origine mes parents étaient céramistes, c'étaient pour eux une nouvelle voie et j'ai eu envie de les accompagner, j’avais 20 ans. Le projet était très audacieux, nous ne partions pas avec l'idée d'utiliser les pinces ou les martelines mais l'infographie. Aucune école ne formait encore dans cette discipline, et à part quelques "stations graphiques" pour les animations cinématographiques, les ordinateurs ne faisaient pas grands choses en terme d'images. Tout était à apprendre et nous l'avons fait ensemble.  Autodidactes et innovants, nous nous sommes rapidement spécialisés dans les fresques monumentales, répondant aux demandes du monde entier (notamment au Moyen-Orient où l’ornemental est très apprécié). Je peux dire que je n'ai eu qu'une école pro, celle de l'atelier familial.

 

Ma formation et mon expérience se sont construites d'année en année, 1/3 dans la transmission familiale, 1/3 en famille avec la responsabilité de l'atelier mosaïque (notre atelier ne faisant pas que de la mosaïque en tant que décor, il y avait aussi la céramique et le verre) et 1/3 toute seule après la fermeture de l'atelier familial. Et après 35 ans et quelques  années dans ce domaine, j’évolue sur 4 univers :

 

- un univers artistique, avec des pièces alliant céramique et mosaïque, me permettant d’expérimenter et de découvrir ce que la matière peut me réserver de nouveau. j'ajoute à cela ma nouvelle collection URBAN en smalt, travail sur la photo urbaine.

 

- un univers dédié aux portraits en grès cérames coupés, j’affine ma technique au fil de mes réalisations, avec une méthode toute personnelle. Je travaille sur une collection de visages ethniques qui est la base de cette initiative.

 

- un univers de conception, suivant les demandes des clients, pour maintenir un savoir-faire de longue date, avec la satisfaction de réaliser des décors uniques et personnalisés.

 

- et un univers formation, pour l’échange, la convivialité et le plaisir de transmettre un savoir-faire qui s’acquière au fil du temps.

Entre héritage et créativité, le monde de la mosaïque est très riche, ayant pour seule limite l’imagination. J’y évolue au quotidien avec un plaisir sans cesse renouvelé.

 

CV en bref

 

1982 BAC E, Villeneuve sur Lot (47)

1983 Ecole de stylisme-mode, Paris (75)

1984-1986 Beaux Arts, bordeaux (33)

1987 à 1992 - Sté Art Edition, Castelsarrasin (82)

Graphiste et responsable de projet pour des réalisations en mosaïque conçues pour tous les continents (voir les archives), utilisation essentiellement de matières industrielles généralement non coupées.

1994 à 1998 - Asso Act'Art, Marmande (47)

Responsable de la section Mosaïque, responsable de projet pour la réalisation de décors en mosaïque avec ou sans coupe. Ateliers artistiques tout public.

2001 - Création de l'asso Ceram'Archi, dédiée aux activités culturelles et artistiques autour de la céramique, de la mosaïque et du verre. Organisation des ateliers pédagogiques. Interventions et animations autour de la mosaïque.

1999 à aujourd'hui, Entreprise Individuelle (en 47 et 40), Mosaïste plasticienne:

-Création et réalisation de fresques en mosaïque en national et international.

-Formations loisirs et professionnelles.

-Créations et réalisations de pièces artistiques en mosaïque et matières mixtes.

 

De mon histoire familiale sont nées mon expérience et ma passion pour la mosaïque.

 

Dans les années 80, mon père, Michel L'Huillier, a été à l’initiative de cette activité. Répondant à des demandes grands formats  en céramique (bas-reliefs), son idée était de profiter de la nouvelle mouvance informatique pour l'associer à la mosaïque et ainsi proposer des fresques trompe l'œil  en utilisant l'infographie. Cela parait banal maintenant mais à l'époque, nous en étions au TO7. c'est à ce moment que j'ai eu envie de rejoindre l'atelier familial. Un atelier de céramistes, à Valeilles, ouvert depuis les années 60. J'ai toujours été fière du travail de mes parents, au fil des ma vie d'enfant puis d'ado et enfin d'adulte, j'ai été imprégnée du rythme de leur activité, des moments forts, des joies et des peines. Mon père c'est ensuite intéressé à d'autres projets comme la sérigraphie par écran de soie, le logotype et lettrisme sur carreaux de céramique, la gravure, les sculptures en verres collés ou en fusing, son esprit n'a de cesse de foisonner sur des nouvelles idées et c'est toujours le cas. Toutes ces techniques s'ajoutaient aux performances que nous proposions déjà. Nous avions dans cet atelier Quercynois un foisonnement de commandes toutes différentes les unes des autres et souvent monumentales. Nous nous logions en bout de table pour en faire certaines et nous nous aidions pour les réaliser unes à unes. C'était passionnant, animé et riche d'expérience. Je suis nostalgique de ces années prolifiques et de cette ambiance familiale, l'âge d'or de notre profession et de la mienne.

Ma mère, Pepsy L'Huillier, n'était pas de reste, en plus de s'occuper de nous 5 quand nous étions petiots, elle a travaillé d'arrache pied dans son premier univers, la poterie et la céramique (oui, c'est différent!), et a su prendre au fil des années les relais commandes dans les projets que mon père élaborait avec un savoir faire et un aplomb sans pareil. Son calme, son dynamisme et son endurance ont été mes modèles. Mon père le dit, sans elle, il n'aurait pas pu faire tout ça, et je n'en doute pas!

 

Une belle histoire, une saga familiale à 2 générations.

 

Si je suis restée dans l'atelier familial après avoir travailler avec eux, c'est comme je le dis, par amour pour les métiers d'arts et l'art mais aussi pour aider mes parents. Lourdement endettés par l'instabilité du proche orient dans les années 90 notre entreprise c'est retrouvé au ralenti. La maison et l'atelier familiale étant hypothéqués pour le montage financier de notre projet mosaïque, nous avons fait face ensemble pour tout rembourser (mon père en commercial, moi, du dessin à la réalisation des projets mosaïques, et ma mère en soutien atelier et en céramique pour les autres commandes). A ce moment là, j'ai vraiment pris la mesure de ce métier et de la technique contemporaine. Et j'y suis encore!

 

Etant seule depuis des dizaines d'années, j'ai perdu en dimension, mes commandes sont plus petites, mais j'ai gagné en qualité.  Maintenant je réalise la plupart de mes œuvres en élaborant un travail mosaïque plus prégnant, souvent coupés, avec une implication plus importante. Il m'arrive d'avoir de belles commandes comme avant,  je m'y lance sans retenue ayant garder les compétences pour les réaliser.

J'ai ajouté à mon activité des filières qui me plaisent tout autant, l'art et le transmission. 


Mon parcours dénote du peu d'importance que je donne aux concours, médailles et toutes autres formes de reconnaissances liées au jugement académique. Je suppose que cela ouvre des portes importantes aux artistes et métiers d'art qui s'y prêtent.

Je suis née dans une famille marginale, en rupture avec les doctrines, mes parents ont adhéré au fameux mouvement 68ard. Je reconnais en garder une certaine autonomie dans mon travail, j'ai appris directement dans l’atelier familial en les accompagnant d’abord sur leurs projets puis en reprenant l’activité professionnelle à ma façon. 

 

Ma partie artistique ne cherche pas à coller à un mouvement, une tendance, un style en vogue, j'en suis indubitablement affranchie, mais plutôt à ce que j'ai envie de réaliser. Mes idées sont plus ou moins engagées, elles peuvent être vues  d'un abord esthétique ou par leur thème, nous donner à réfléchir de ce que nous sommes et de l'empreinte que nous laissons sur tout, absolument tout, dans ce monde qui n'a pas autant besoin de nous qu'on le voudrait.

 

J'ai gardé aussi une grande estime pour certaines figures qui ont été essentielles dans mon parcours, je n'ai pas eu que mes parents comme tuteurs, je vous les présente dans l'ordre chronologique de nos rencontres:

 

Jean Perrin, directeur export de CERABATI puis PARAY CERAMIQUE (71-75) qui nous a adopté dès notre première rencontre à Batimat, notre partenariat était autant amical que professionnel, il nous a donné la chance de travailler sur des commandes prestigieuses.

 

Michel Philippon, directeur des affaires culturelles de Marmande (47), salarié LEOLAGRANGE, Artiste dans l'âme, ancien ami de mes parents, son potentiel à monter des projets artistiques nous a ouvert de nouveaux horizons avec l'asso Act'Art. Nous avons ensemble des discussions passionnées et engagées sur le monde artistique et de ce qui l'entoure.

 

Bernard Davadan, acteur incontournable de l'évolution culturelle Fuméloise(47), à reçu de mes parents la formation qu'il avait besoin pour accompagner le projet céramique de son association portugaise "AZULEJOS". Il fût présent lors de projets monumentaux en céramique à Valeilles, un peu trop ambitieux pour nos mains de femmes, à ma mère et à moi. Nous avons partagés durant plusieurs années notre passion pour la création. Mes premiers pas à Fumel se sont faits grâce à lui. Nous nous sommes appréciés comme des membres d'une famille choisie et ce jusqu'à ce qu'il tire sa révérence, notre très cher éminence grise.

 

Geneviève Provensal, passionnée de mosaïque, ayant participé à plusieurs stages d'été animés par ma mère à Valeilles, m'a aidé à démarrer mes premiers cours adultes au centre culturel de Moissac (82). Nous gardons l'une pour l'autre une amitié qui m'est chère, toujours présente à mes ateliers, elle est restée une inconditionnelle de notre tempérament de "femmes L'Huillier".

 

Je ne peux citer toutes les personnes qui m'ont aidées et accompagnées tout au long de mon parcours par leur générosité, leur amitié ou même leur engagement pour  l'art  et  la liberté d'expression tant la liste est longue, mais  je ne les oublie pas.

 

je lis dans des articles ce qui se dit de nous, ici, le blog PARISLADOUCE présente sur la Station Porte des Lilas à Paris, XX° ligne11 notre parcours en plus de l'histoire de cette réalisation.

 

Et dernièrement,

Patricia Marini-Metge, Journaliste du Sud-Ouest a écrit un article sur notre Saga publié dans le MAG le 13 Fev 21 Elle est venue me voir en décembre et au fil de nos échanges a voulu connaitre autant mon histoire que celle des fondateurs de mon périple, mes parents. Par le jeu du destin, ma mère s'est éteinte fin décembre à l'âge de 82 ans, après de longues années d'errances qui ont eu raison d'elle et de nous! Alors, de parler de ce qu'elle a fait dans sa vie de si beau, de si incroyable à ce moment là était comme si elle s'invitait au projet. Je lui dédie cet article qui, l'a connaissant bien, le dédira à l'homme de sa vie, mon père.


les années céramique de Pepsy et Michel dans leur atelier de Valeilles (82)